Il n'y a pas que la nicotine et les cachous Lajaunie qui entraînent une forte dépendance. J'ai moi même été accro aux blogs. Comme 14 millions de Français, j'en possède un, depuis un peu plus d'un an, et un autre, depuis 4 ans.
Aujourd'hui, j'y raconte mes joies, mes peines et mes règles douloureuses, mais ça s'arrêtes là. Trop peur de rechuter. Il y a encore quelques temps, je tapais le bivouac devant la baraque du PDG de Nike ( il habite entre Washington et Vesoul ) pour l'obliger à créer une ligne de slip "Just Blog It". Pire, il m'est arrivé de parler de mon site perso comme s'il s'agissait d'un vieux pote : " Ouais, je lui confie toutes mes pensées. Il ne dit jamais rien, mais je sais qu'il m'écoute." Avec un tel profil, j'aurais pu envoyer ma candidature à Secret Story.
Au début pourtant, tout se passait bien, Je rédigeai des billets sur mon quotidien tranquille de lycéenne et sur la choucroute de mon ancienne prof' d'Anglais. Jusqu'au jour où le rythme s'est accéléré... En fait, quand tu as un blog, tout devient source d'inspiration. Tout! L'odeur rance des toilettes de ton bahut, le succès effarant des BB Brunes, les sourcils buissoneux de ton ennemie. Tes sens s'éveillent. Comme quand tu rentres dans une pâtisserie bourée de gâteaux aux noix de pécan et que tu n'as pas graillé depuis Pâques. La souris est en surchauffe, est à l'affut. Trop parfois. La preuve, on m'a menacée de mort un jour : "Tu la fermes, sinon, j'éviscère toute ta descendance." Ca ressemblais un peu à ça..ou presque. Du coup, j'ai appelé Didier Bergès, l'avocat chauve et bossu qui taffe à Sans aucun doute mais il était sur répondeur.
Pour débrancher, je n'ai pas eu de besoin de rehab' à Seugy ( " I said no no no " j'y suis déjà ). Mon keupain ( Paix à son âme ) m'avait tout simplement larguée. C'est vrai, je pionçais avec l'ordi tout chaud sous l'oreiller : y'a plus cool comme sex-toy. Pendant des semaines, je n'avais pas touché un clavier. L'oeil humide et le cheveux gras, je me suis contentée de moussaka light et de profiterols à l'ail. Devant mon désarroi, il était revenu, proposant un compromi : " Tu ralentis ta dose de blogging et j'arrête de t'emmerder avec mes problèmes de digestion" J'ai évidemment opiné.
Aujourd'hui je me sens mieux, sans mec et complètement free du cortex cérébrale. Mes cyberrécits se font de plus en plus rares. ( C'est maintenant dans mon actuel blog que tu peux en voir l'effet, mais tu n'auras pas l'adresse de l'ancien, y'a quand même, sur ce site, une photo de moi nue sur un poney ) Je préfère désormais jouer au Kamoulox et au Twister.